COVID-19 et Amérique latine :
turbulences dans l'univers du café


COVID-19 et Amérique latine :
turbulences dans l'univers du café

Dans le monde du café, les Européens sont reconnus comme étant les plus grands consommateurs au monde tandis que les pays d’Amérique latine sont les plus importants producteurs. En effet, parmi les 10 plus grands producteurs de cafés arabica (75% de la production mondiale), le continent latino-américain compte à lui seul cinq pays : Brésil (1er), Colombie (4ème), Guatemala (6ème), Pérou (9ème) et Mexique (10ème). Comme dans la majorité des secteurs économiques, la pandémie de la COVID-19 impacte fortement les productions et les exportations de café.

Selon un rapport de juin 2020 de l’Organisation internationale du Café (OIC), dont le siège est à Londres, les prix du café ont baissé pour le troisième mois consécutif et les exportations mondiales ont diminué à 10,32 millions de sacs en mai 2020, soit 14,6 % de moins qu’en mai 2019. En plus de la crise actuelle, le Brésil a connu une sécheresse sans précédent qui n’est pas sans influence sur la culture du café.

Outre la baisse d’activités dans les coopératives de café, c’est la baisse des ventes à l’international qui a fait passer certaines entreprises (de production ou d’exportation) dans le rouge. La reprise du marché risque d’être difficile car lente : la crise sanitaire n’est encore terminée et les investisseurs s’inquiètent d’une possible seconde vague.

Les petits torréfacteurs les plus impactés par la COVID-19

Avant d’arriver dans notre tasse, le café est acheminé par avion ou par bateau. Le plus souvent, ce produit de confort arrive par containers dans le port de la ville du Havre : ce qui explique que la majorité des grandes entreprises d’importation soit basée dans cette ville normande. Ces sociétés redistribuent ensuite le café aux torréfacteurs dans la France entière.

« L’importation vers la France a été touchée par cette pandémie, au même titre que les exportations des pays d’Amerique Latine. Les plus impactés, ce sont les petites entreprises de distribution ou torréfaction », confie Marco, un petit torréfacteur du 8ème arrondissement de Paris. « 70 % de notre commande vient du Brésil. Lors du confinement, comme les bars et restaurants étaient fermés, la consommation n’était pas la même. De plus, le café n’est pas distribué de la même façon », ajoute cet amateur de café arabica.

La crise que connaissent les moyens et petits torréfacteurs ne date pas d’aujourd’hui. Certes, elle est agravée par la pandémie du coronavirus. Mais, ces torréfacteurs sont préoccupés par le développement de grandes entreprises « fast-cafe » (Starbucks, Colombus, Nexpresso). Ces derniers ont réussi à conquérir une partie du marché français, notamment avec des prix défiants toute concurrence et une large visibilité dans les médias.

Photos : vallée de Cocora dans le triangle du café en Colombie et café torréfié dans une finca (exploitation caféière locale).

Le Guatemala quitte l’OIC

À partir du 1er octobre prochain, le Guatemala ne fera plus partie de l’Organisation Internationale du Café, qui regroupe 43 pays exportateurs et 6 entités importatrices (5 pays + l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne). Ce petit pays d’Amérique centrale (2,5% de la production mondiale) estime que l’OIC n’a pas aidé à régler la crise des prix internationaux du café, prix qui ne parviennent plus à couvrir les coûts de production.

De plus, le Honduras pourrait suivre le même chemin. Voisin du premier, il réfléchit activement à son avenir au sein de cette organisation internationale que l’association hondurienne des producteurs juge « aveugle, sourde et muette ». Selon l’institut national Ihcafé, les exportations de café se sont effondrées de 29,6% en juin 2020 (par rapport à juin 2019) à cause à la fois de la sécheresse et dela chute des prix sur le marché mondial.

Une inquiétude dans les prochains mois

Bien que certains pays aient accéléré le déconfinement, la relance de l’économie n’est pas sera très progressive. La peur d’une seconde vague bloque les investissements à l’étranger. Donc ,si l’offre est présente, la demande n’est pas la même qu’en janvier dernier comme en conclut le rapport précité de l’OIC.

« La pandémie de Covid-19 représente un autre défi pour le secteur du café, qui souffrait déjà d’une période prolongée de bas prix. […] Pour le secteur du café, le retard ou le report des commandes des pays consommateurs qui en résulterait pourrait entraîner la fermeture définitive de nombreuses exploitations, avec pour conséquence la destruction de toutes les économies locales basées sur le café», alerte l’OIC après la publication d’une enquête début juillet. Si les perspectives économiques ne s’améliorent pas rapidement, le secteur du café en Amérique latine pourrait devenir sinistré et mettre au chômage plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Guillaume ASSKARI (Chargé des relations publiques)


COVID-19 y América Latina:
turbulencias en el mundo del café

En el mundo del café, los europeos son reconocidos como los mayores consumidores del mundo, mientras que los países latinoamericanos son los productores más importantes. De hecho, entre los 10 mayores productores de café Arábica (75% de la producción mundial), el continente latinoamericano solo tiene cinco países: Brasil (1°), Colombia (4°), Guatemala (6°), Perú (9º) y México (10º). Como en la mayoría de los sectores económicos, la pandemia de COVID-19 ha tenido un gran impacto en la producción y exportación de café.

Según un informe de junio de 2020 de la Organización Internacional del Café (ICO), con sede en Londres, los precios del café cayeron por tercer mes consecutivo y las exportaciones mundiales cayeron a 10,32 millones de sacos en mayo. 2020, o 14,6% menos que en mayo de 2019. Además de la crisis actual, Brasil ha experimentado una sequía sin precedentes que no está exenta de influencia en el cultivo del café.

Además de la disminución de las actividades en las cooperativas cafeteras, es la caída de las ventas internacionales lo que ha puesto a algunas empresas (producción o exportación) en números rojos. La recuperación del mercado puede ser difícil porque es lenta: la crisis de salud aún no ha terminado y los inversores están preocupados por una posible segunda ola.

Pequeños tostadores más afectados por COVID-19

Antes de llegar a nuestra taza, el café se transporta en avión o en barco. Muy a menudo, este producto de confort llega en contenedores en el puerto de la ciudad de Le Havre: esto explica por qué la mayoría de las grandes empresas importadoras tienen su sede en esta ciudad normanda. Estas compañías luego redistribuyen el café a los tostadores en toda Francia.

Las importaciones a Francia se han visto afectadas por esta pandemia, al igual que las exportaciones de los países latinoamericanos. Los más afectados son las pequeñas empresas de distribución o tostadoras”, dice Marco, un pequeño tostador en el distrito 8 de París. “El 70% de nuestro pedido proviene de Brasil. Durante el confinamiento, ya que los bares y restaurantes estaban cerrados, el consumo no era el mismo. Además, el café no se distribuye de la misma manera“, agrega este amante del café Arábica.

La crisis en tostadores medianos y pequeños no es nueva. Ciertamente, la pandemia de coronavirus la empeora. Sin embargo, estos tostadores están preocupados por el desarrollo de grandes empresas de “café rápido” (Starbucks, Colombus, Nexpresso). Estos últimos han logrado conquistar parte del mercado francés, en particular con precios inmejorables y una amplia visibilidad en los medios.

Fotos: Valle de Cocora en el Triángulo del Café de Colombia y café tostado en una finca.

Guatemala deja la OIC

A partir del 1 de octubre, Guatemala ya no formará parte de la Organización Internacional del Café, que reúne a 43 países exportadores y 6 entidades importadoras (5 países + todos los Estados miembros de la Unión Europea). Este pequeño país centroamericano (2.5% de la producción mundial) cree que el ICO no ha ayudado a resolver la crisis en los precios internacionales del café, precios que ya no pueden cubrir los costos de producción.

Además, Honduras podría seguir el mismo camino. Un vecino del primero, está reflexionando activamente sobre su futuro dentro de esta organización internacional que la asociación de productores hondureños considera “ciegos, sordos y tontos”. Según el instituto nacional Ihcafé, las exportaciones de café colapsaron un 29,6% en junio de 2020 (en comparación con junio de 2019) debido a la sequía y la caída de los precios en el mercado mundial.

Una preocupación en los próximos meses.

Aunque algunos países han acelerado la desconfinación, la recuperación económica no será muy gradual. El miedo a una segunda ola está bloqueando la inversión extranjera. Entonces, si la oferta está presente, la demanda no es la misma que en enero pasado, como concluye el mencionado informe de la OIC.

La pandemia de Covid-19 representa otro desafío para el sector cafetero, que ya sufría un período prolongado de precios bajos. […] Para el sector cafetero, la demora o el aplazamiento de los pedidos de los países consumidores que podrían resultar en el cierre definitivo de muchas fincas, con la consecuencia de la destrucción de todas las economías locales basadas en el café“, alerta ICO después de la publicación de una encuesta a principios de julio. Si el panorama económico no mejora rápidamente, el sector cafetero de América Latina podría quedar devastado y dejar sin trabajo a decenas de miles de personas.

Guillaume ASSKARI (Encargado de las relaciones públicas)

Facebook
INSTAGRAM