L’Amérique latine à l’heure du coronavirus




L’Amérique latine à l’heure du coronavirus


L’Amérique latine a pris conscience du danger que représente le coronavirus. Devant les images projetées par l’Europe à la suite des mesures prises pour lutter contre la progression du Covid 19, le continent latino-américain se prépare au choc de la pandémie et entre dans la guerre contre le virus.

Pour de nombreux pays, les leçons sur les vertus de la prévention ont été retenues. Le Chili, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay, le Pérou, la Colombie, l’Equateur,  le Panama, le Costa Rica, El Salvador, le Guatémala, la République dominicaine, Haiti et depuis peu le Mexique ou le Brésil, réagissent face à la menace. Les mesures ne sont pas encore concertées sur l’ensemble du continent mais elles ont le mérite d’être prises.

Les pays concernés ne se basent pas sur le niveau de cas de contamination : 1000 pour le moment, dans l’ensemble du continent. Ils appuient leur action sur le niveau de dangerosité du virus. Le Chili a décrété le 18 Mars dernier, avec 138 cas déclarés, l’état d’exception. Le Pérou, avec 145 cas, a instauré le 17 mars, un couvre-feu sur tout le territoire et l’armée se déploie dans les rues de la capitale. Le Mexique a décidé de fermer ses écoles à compter du 23 mars jusqu’au 19 Avril prochain.

La tension grandit sur le continent. La crainte de voir les systèmes de santé, engloutis par une pandémie massive, l’appréhension d’une crise sociale et économique majeure, conduit à les gouvernements à prendre des mesures conduisant à une fermeture momentanée, des frontières nationales. Elles le sont entre la Colombie et le Vénézuéla, entre l’Uruguay et l’Argentine, le Guatémala et El Salvador. Le Chili, l’Argentine et le Pérou n’accueillent plus les bateaux de croisière. La mesure prise à peu près partout, reste la suspension des vols avec l’Europe et l’Asie. Le Paraguay, Cuba, le Panama, la Bolivie (avec 10 cas) la République dominicaine, le Vénézuéla, la Colombie, le Pérou, le Costa rica, El Salvador, le Guatémala, l’Equateur, sont parmi ceux qui ne veuvent plus accueillir sur leurs sols, les étrangers arrivés sur des vols intercontinentaux.

La fermeture des frontières est une des mesures qui semblent faire consensus. Mais la pandémie n’attend pas. L’apparition de cas, encore peu nombreux et en espérant qu’ils ne s’étendront pas, oblige à renforcer les mesures dans le tissu social des pays. Le Vénézuéla ne comptait, le 19 mars dernier, que 17 contaminés, le Mexique 41, Cuba 3, l’Uruguay 14, la République dominicaine 11 , la Colombie 108.

Mais déjà, les écoles sont fermées, les mesures visant à réduire la mobilité sont adoptées.

Un climat d’inquiétude et de défiance s’installe. Inquiétude face à la capacité des systèmes de santé à répondre au défi que représente une réponse organisée pour faire face à une épidémie massive comme celle qui se déroule actuellement en Italie, et d’une manière générale en Europe où 100.000 cas sont officiellement enregistrée depuis le 20 Mars 2020.

Le confinement partiel ou total de la population conduit à la logique de la distanciation sociale totalement contraire aux pratiques et à la culture des pays d’Amérique latine. La famille est un soutien essentiel pour une partie des populations en difficulté. La structure familiale peut dans certains suppléer l’Etat, renforçant d’autant les interactions au quotidien, réalité antinomique des mesures qui pourraient être prises pour faire face à la pandémie.

Inquiétude sociale, questionnements sur des situations politiques : au Chili, le référendum prévu en Avril prochain sur une nouvelle constitution, devrait être reporté. Le précédent français des élections municipales rappelle que l’intérêt général doit prévaloir sur l’actualité électorale. Au Vénézuéla, les craintes sont élevées tandis que le Brésil prend désormais conscience du degré de danger, avec une mobilisation de centres urbains aussi importants que Sao Paulo ou Rio de Janeiro.

Le sentiment général en Amérique latine, est marqué par une forme de gravité, d’inquiétude et de préparation au choc du virus. Les populations ont conscience que le virus s’est déplacé et se trouve désormais sur le continent. La Colombie a vu le nombre de cas passer en 48 heures de 16 à 45 entre le 18 et le 19 Mars dernier.

Se préparer au choc, informer et répondre autant que faire se peut, à la demande sanitaire d’une crise qui se rapproche, l’Amérique latine fait globalement preuve de responsabilité et de courage.

Latfran exprime sa solidarité à l’Amérique latine et à l’Europe qui est actuellement, l’épicentre d’une pandémie violente, aux conséquences économiques, financières et sociales potentiellement profondes et durables.

Pascal Drouhaud
Président de Latfran

Guillaume Asskari
Chargé des relations publiques – Latfra

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