Editorial de LATFRAN (Septembre 2019)

Hommage au président Jacques CHIRAC, ami de l'Amérique latine

Alors que je terminais de rédiger des lignes de l’éditorial du mois de septembre sur un sujet touchant la Bolivie, j’ai appris avec émotion la disparition du Président Jacques Chirac à l’âge de 86 ans.

Qu’il me soit permis ici d’évoquer rapidement l’homme toujours curieux de découvrir de nouvelles cultures et le chef d’État respecté dans le monde entier pour avoir défendu le multilatéralisme. Le président Chirac « aimait les arts et les civilisations d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Cette passion, longtemps cachée… est ancienne. Elle n’a été connue par le grand public qu’à la fin des années 1990 avec l’exposition sur les Indiens taïnos des Antilles au Petit Palais, et l’entrée des arts premiers au Louvre ».

Il prenait grand soin de l’accueil réservé par la France à des personnalités comme Raoni, chef des Indiens Kayapo au Brésil, ou à la Prix Nobel du Guatemala Rigoberta Menchú.

Fin connaisseur des relations internationales, cet humaniste aimait beaucoup l’Amérique latine, notamment en raison de sa richesse culturelle. Jacques Chirac a donc sillonné quatre fois le continent latino-américain au cours de ses deux mandats présidentiels, entre 1995 et 2007. 

En Bolivie en 1997, il fut accueilli comme un héros pour avoir défendu devant la FIFA la tenue de matchs éliminatoires de la coupe du monde à La Paz, soit à 3600 mètres d’altitude : il eut l’honneur de voir édité un timbre à son image et fut décoré par le président Gonzalo Sanchez de Lozada de l’ordre du Grand Condor des Andes, la plus haute distinction du pays. Il poursuivit son voyage pour renouer des relations économiques avec les pays du MERCOSUR en pleine croissance : l’Uruguay, le Paraguay, le Brésil et sa zone économique de Sao Paulo, et enfin l’Argentine dont il connut trois présidents successifs (Carlos Menem, Fernando de la Rúa et Néstor Kirchner).

Au Mexique en 1998, il plaida devant le Congrès (honneur réservé à très peu de chefs d’État) pour le respect de l’exception culturelle dans la mondialisation et pour un renouveau des liens économiques avec l’Union européenne en concluant « Viva la amistad franco-mexicana ». Il prolongea sa visite en Amérique centrale en visitant les quatre pays affectés par l’ouragan Mitch (Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua) : devant l’ampleur du désastre, il annula la dette de ces quatre pays à l’égard de la France. Il reçut au printemps 1999 Alvaro Arzu, le président guatémaltèque, pour convaincre la communauté internationale d’aider à reconstruction des zones sinistrées par le cyclone Mitch et pour préparer le premier sommet entre l’Union européenne, l’Amérique latine et la Caraïbe (ALC) prévu en juin à Rio de Janeiro.

Pendant plusieurs années, le président Chirac reçut également à Paris de nombreux chefs d’État d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et des Caraïbes. Sans être exhaustif, on peut se souvenir du candidat Andres Pastrana en mars 1998 avant son élection à tête de la République de Colombie qui reviendra notamment en janvier 2001 à l’Élysée dans le cadre d’une visite officielle. En juillet 2005, l’Élysée accueillit le président brésilien Lula,

Jacques Chirac ne retourna au Mexique et au Guatemala qu’en 2004 pour un nouveau sommet UE-ALC à Guadalajara où il réaffirma sa vision d’un dialogue entre les cultures et d’un monde multipolaire.

Pour son dernier passage sur la terre des Aztèques, des Mayas et des Incas dont il appréciait tant la culture, le président Chirac revint au Brésil puis se rendit enfin au Chili en 2006 pour resserrer les liens économiques avec une délégation de cinq ministres (affaires étrangères, défense, économie, éducation, industrie) et une vingtaine de grands patrons. Dans un Brésil avec une croissance annuel de 5%, le président Chirac rencontra évidemment le président Lula et prononça un discours devant les deux chambres du Congrès ; une déclaration commune des présidents Lula et Chirac souligna les liens d’amitié entre les deux pays et le respect des mêmes objectifs, notamment le multilatéralisme, l’attachement  à  la  non-prolifération   des   armes   de   destruction   massive, la protection   de l’environnement et de la diversité culturelle. Au Chili, il tint une promesse faite 6 ans plus tôt lorsqu’il dut annuler un voyage officiel pour gérer la crise au Kosovo : il y loua la « restauration de la démocratie » aux côtés de Michelle Bachelet fraîchement élue. 

Il n’est donc pas étonnant que les messages de condoléances d’outre-atlantique se soient multipliés, comme par exemple au Costa Rica, au Venezuela, au Guatemala ou encore l’ambassadeur Juan M Gómez Robledo qui a rappelé que le Mexique et le France s’étaient tenus côte à côte à l’ONU pour s’opposer à la guerre en Irak en 2003.

En ce 26 septembre 2019, l’Amérique latine a perdu un véritable ami et le monde un défenseur de la diversité culturelle.

Pascal DROUHAUD Président de LATFRAN


Editorial de LATFRAN (Septembre 2019)

Homenaje al presidente Jacques CHIRAC, amigo de América latina

Cuando terminé de escribir columnas editoriales para septiembre sobre un tema relacionado con Bolivia, supe con emoción la muerte del presidente Jacques Chirac a la edad de 86 años.

Permítanme mencionar aquí rápidamente al hombre que siempre sientió curiosidad por descubrir nuevas culturas y al jefe de Estado de fama mundial por defender el multilateralismo. El presidente Chirac « amaba las artes y las civilizaciones de África, Asia y América Latina. Esta pasión, largamente escondida … es vieja. No fue conocido por el público en general hasta fines de la década de 1990 con la exposición sobre los indios taínos de las Indias Occidentales en el Petit Palais y la entrada de las primeras artes al Louvre ».

Cuidó mucho la recepción de personalidades de Francia como Raoni, líder de los indios Kayapo en Brasil, o la ganadora del Premio Nobel de Guatemala Rigoberta Menchú.

Un conocedor de las relaciones internacionales, este humanista amaba a América Latina, particularmente debido a su riqueza cultural. Jacques Chirac ha viajado cuatro veces en el continente latinoamericano durante sus dos períodos presidenciales, entre 1995 y 2007.

En Bolivia en 1997, fue recibido como un héroe por defender los play-offs de la Copa Mundial de la FIFA en La Paz a 3600 metros sobre el nivel del mar: tuvo el honor de imprimir un sello a su imagen y fue decorado por el presidente Gonzalo Sánchez de Lozada del Orden del Gran Cóndor de los Andes, la máxima distinción del país.

Continuó su viaje para renovar los lazos económicos con los países del MERCOSUR en pleno crecimiento: Uruguay, Paraguay, Brasíl y su zona económica de Sao Paulo, y finalmente Argentina, que conoció a tres presidentes sucesivos (Carlos Menem, Fernando de la Rúa y Néstor Kirchner).

En México en 1998, se declaró ante el Congreso (honor reservado para muy pocos jefes de estado) por el respeto de la excepción cultural en la globalización y por la renovación de los lazos económicos con la Unión Europea al concluir “Viva la amistad franco-mexicana “. Extendió su visita a Centroamérica visitando los cuatro países afectados por el huracán Mitch (Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua): ante la magnitud del desastre, canceló la deuda de estos cuatro países con Francia . En la primavera de 1999, recibió al presidente guatemalteco, Álvaro Arzu, para convencer a la comunidad internacional de ayudar a reconstruir las áreas afectadas por el huracán Mitch y preparar la primera cumbre entre la Unión Europea, América Latina y el Caribe (ALC). ) previsto para junio en Río de Janeiro.

Durante varios años, el presidente Chirac también recibió en París a muchos jefes de estado de América del Sur, América Central y el Caribe. Sin ser exhaustivos, podemos recordar al candidato Andrés Pastrana en marzo de 1998 antes de su elección para encabezar la República de Colombia, que regresará en enero de 2001 en el Palacio del Elíseo como parte de una visita oficial. En julio de 2005, el Elíseo dio la bienvenida al presidente brasileño Lula.

Jacques Chirac regresó a México y Guatemala en 2004 para una nueva Cumbre UE-ALC en Guadalajara, donde reafirmó su visión de un diálogo entre culturas y un mundo multipolar.

Para su última visita a la tierra de los aztecas, mayas e incas, cuya cultura apreciaba tanto, el presidente Chirac regresó a Brasil y finalmente fue a Chile en 2006 para fortalecer los lazos económicos con una delegación de cinco ministros (Asuntos Exteriores, defensa, economía, educación, industria) y una veintena de empleadores importantes. En un Brasil con un crecimiento anual del 5%, el presidente Chirac obviamente se reunió con el presidente Lula e hizo un discurso en ambas Cámaras del Congreso. Una declaración conjunta de los presidentes Lula y Chirac destacó los lazos de amistad entre los dos países y el respeto de los mismos objetivos, en particular el multilateralismo, el compromiso con la no proliferación de armas de destrucción masiva, la protección del medio ambiente y diversidad cultural. En Chile, mantuvo una promesa hecha seis años antes cuando tuvo que cancelar un viaje oficial para manejar la crisis en Kosovo: elogió la “restauración de la democracia” junto a Michelle Bachelet, recién elegida.

Por lo tanto, no es sorprendente que los mensajes de condolencia a través del Atlántico se hayan multiplicado, como por ejemplo en Costa Rica, Venezuela, Guatemala o el embajador Juan M. Gómez Robledo, quien recordó que México y Francia se había mantenido al lado de la ONU para oponerse a la guerra en Irak en 2003.

En este 26 de septiembre de 2019, América Latina perdió un verdadero amigo y el mundo un defensor de la diversidad cultural.

Pascal DROUHAUD

Presidente de LATFRAN


Editorial de LATFRAN (Septembre 2019)

Homenajem ao presidente Jacques CHIRAC, amigo de América latina

Ao terminar de escrever colunas editoriais para setembro sobre um assunto relacionado à Bolívia, aprendi com emoção a morte do presidente Jacques Chirac aos 86 anos.

Permita-me aqui mencionar rapidamente o homem que está sempre curioso em descobrir novas culturas e o chefe de Estado de renome mundial por defender o multilateralismo. O presidente Chirac « amava as artes e civilizações da África, Ásia e América Latina. Essa paixão, há muito escondida … é antiga. Não era conhecido pelo público em geral até o final dos anos 90, com a exposição sobre os índios tainos das Índias Ocidentais no Petit Palais e a entrada das primeiras artes no Louvre ».

Ele cuidou muito da recepção da França de personalidades como Raoni, líder dos índios Kayapo no Brasil, ou o vencedor do Prêmio Nobel da Guatemala Rigoberta Menchú.

Conhecedor de relações internacionais, esse humanista amava a América Latina, principalmente por sua riqueza cultural. Jacques Chirac viajou quatro vezes no continente latino-americano durante seus dois mandatos presidenciais, entre 1995 e 2007.

Na Bolívia, em 1997, ele foi recebido como um herói por defender os playoffs da Copa do Mundo da FIFA em La Paz, a 3600 metros acima do nível do mar: ele teve a honra de ter um selo impresso sua imagem e foi decorada pelo presidente Gonzalo Sanchez de Lozada, da Ordem do Grande Condor dos Andes, a maior distinção do país. Ele continuou sua jornada para renovar os laços econômicos com os países do MERCOSUL em pleno crescimento: Uruguai, Paraguai, Brasil e sua zona econômica de São Paulo e, finalmente, Argentina, que conheceu três presidentes sucessivos (Carlos Menem, Fernando de la Rúa e Néstor Kirchner).

No México, em 1998, ele pediu ao Congresso (honra reservada a muito poucos chefes de Estado) pelo respeito à exceção cultural na globalização e pela renovação dos laços econômicos com a União Européia concluindo “Viva la amistad franco-mexicana “. Ele estendeu sua visita à América Central, visitando os quatro países afetados pelo furacão Mitch (Guatemala, Honduras, Salvador, Nicarágua): diante da escala do desastre, ele cancelou a dívida desses quatro países com a França. . Na primavera de 1999, ele recebeu o presidente guatemalteco Alvaro Arzu para convencer a comunidade internacional a ajudar a reconstruir as áreas afetadas pelo furacão do furacão Mitch e a preparar a primeira cúpula entre a União Européia, a América Latina e o Caribe (ALC) prevista para junho no Rio de Janeiro.

Por vários anos, o Presidente Chirac também recebeu em Paris muitos chefes de estado da América do Sul, América Central e Caribe. Sem ser exaustivo, podemos lembrar o candidato Andres Pastrana em março de 1998 antes de sua eleição para chefiar a República da Colômbia, que retornará em janeiro de 2001 no Palácio do Eliseu como parte de uma visita oficial. Em julho de 2005, o Élysée recebeu o presidente brasileiro Lula.

Jacques Chirac retornou ao México e à Guatemala em 2004 para uma nova Cúpula UE-ALC em Guadalajara, onde reafirmou sua visão de um diálogo entre culturas e um mundo multipolar.

Em sua última visita à terra dos astecas, maias e incas, cuja cultura ele tanto apreciava, o presidente Chirac retornou ao Brasil e finalmente foi ao Chile em 2006 para fortalecer os laços econômicos com uma delegação de cinco ministros (Relações Exteriores). defesa, economia, educação, indústria) e cerca de vinte grandes empregadores. Em um Brasil com um crescimento anual de 5%, o presidente Chirac obviamente se encontrou com o presidente Lula e fez um discurso nas duas casas do Congresso; uma declaração conjunta dos presidentes Lula e Chirac destacou os laços de amizade entre os dois países e o respeito aos mesmos objetivos, principalmente o multilateralismo, o compromisso com a não proliferação de armas de destruição em massa, a proteção do meio ambiente e diversidade cultural. No Chile, ele manteve uma promessa feita seis anos antes, quando teve que cancelar uma viagem oficial para lidar com a crise no Kosovo: elogiou a “restauração da democracia” ao lado de Michelle Bachelet, eleita recentemente.

Portanto, não surpreende que as mensagens de condolências no Atlântico tenham se multiplicado, como por exemplo na Costa Rica, Venezuela, Guatemala ou o embaixador Juan M Gómez Robledo, que lembrou que o México e os Estados Unidos A França esteve lado a lado na ONU para se opor à guerra no Iraque em 2003.

Neste dia 26 de setembro de 2019, a América Latina perdeu um real amigo e o mundo um defensor da diversidade cultural.

Pascal DROUHAUD

President da LATFRAN

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